Escapade entre amis : Arnakech, Sahara et Bouregreg

« Voyages et tu connaîtras le sens profond des choses », une sagesse soufie qui m’accompagne depuis quelques années déjà. Tandis que certains vivent le voyage comme une expérience égotique, un marqueur social, d’autres commencent à sortir de leur zone de confort en quête de sens et d’enrichissements. Je commence à vivre chaque petit déplacement, quelle que soit sa nature, comme ouverture au monde. Dans ma propre ville ou pays natal, cette nouvelle façon d’expérimenter le mouvement ne me quitte plus. J’y vois une thérapie personnelle car j’ai tendance à me perdre dans mon propre quartier (j’ai dû consulter un psychomotricien pour gérer mes bobos d’orientation…ne me jugez pas, it’s a real thing! ).

Jeune mariée,  je souhaitais (re)découvrir et partager le Maroc accompagnée de mon mari. Découvrir le désert, les palmeraies du Dar’aa, les mythiques Kasbahs telles que celle d’Ait Ben Haddou, un rêve d’enfant concrétisé et réalisé au printemps de cette année, à 4, et ce n’est pas plus mal !

Tout a commencé quand…

… j’ai dit à mes collègues que je voulais découvrir la porte du désert marocain. Immédiatement,  un regard intéressé se porta sur moi :). Ainsi nous n’étions plus un mais deux couples d’amoureux autour d’un « presque » itinéraire : d’abord Marrakech, le désert, et enfin Rabat, capitale des lumières.

Les marseillais à Marrakech…

Durant notre vol, un groupe de français (très français » :)) inspiré de « very bad trip » nous a partagé son « enthousiame bruyant » dans sa quête de glaçons pour le sacro-saint Pastis. Un partage festif dont les passagers présents se seraient bien passés.

Une dame assise devant nous a même décidé de changer de place. Ils lui ont lancé un : « ben alors on vous dérange madame ? » question à laquelle elle répond par : « vous allez trop loin monsieur. Vous êtes en train de prendre tout le monde en otage sous prexte de faire la fête ! » – « Oui, mais nous allons à MARRAKECH pour faire la fête ! » – « Ce n’est pas une excuse ! Marrakech n’est pas une boite de nuit, c’est une ville ancestrale, avec une culture, un patrimoine, une histoire… ».

L’heure de la délivrance était proche…

Arrivés à l’aéroport, nous nous engouframment dans un taxi  direction notre riad. Devant celui-ci, la sensation d’être enfin en vacances à la ville ocre était belle est bien là, pour le grand plaisir de tous.

Une fois le riad exploré, les premiers clichés faits, nous étions enfin prêts pour aller visiter à pieds la place Jamaa El Fna, située à une quinzaine de minutes de notre logement.

Une technique de séduction marrakchie…

J’avais oublié un des aspects critiques de Marrakech :  certains de ces habitants devenaient assez collants et interessés à l’approche de touristes. Notre première expérience durant cette première soirée était forte en enseignements. La première approche a commencé au moment où j’étais entrain de montrer la Koutoubia à mon mari et mes amis. Un homme s’est rapproché de nous pour nous demander ce que nous faisions dehors un peu avant le Maghreb (nous étions en plein Ramadan durant notre séjour), question à laquelle je répondis simplement : « on sort pour dîner ». Erreur fatale ! Je venais de rentrer dans son jeu ! « Mais quelle idée d’aller à la place, il n’y aura personne à cette heure-ci ! venez plutôt par ici, un ami vend de l’huile d’argan dans une boutique éphemère, vous avez de la chance car il n’est ici qu’une fois par semaine, et c’est ce soir ou  jamais !« . Mon mari a essayé de faire comprendre au monsieur que l’on ne souhaitait pas acheter de l’huile d’Argan. Ce dernier n’était bien évidemment pas très content de notre refus.

Arrivés à la place, nous avions clairement les crocs (surtout moi car je venais de sortir de ma période de nausées). Nous voulions simplement manger sur le pouce, sans forcément choisir un spot précis. L’opération séduction commença à notre approche des stands de restauration street food où se trouvaient de vrais agents commerciaux avec un discours bien rodé et leurs équipes de cuisiniers et serveurs qui applaudissaient tout en chantant du Shakira (waka waka sort de ma tête !) à l’approche d’une victime venant de mordre à l’hameçon. A peine installés, nous avions même pas commencé à choisir que la nourriture commençait à affluer sur nos tables. Aucun de nous n’y a vraiment prêté attention jusqu’au moment fatidique de la note. Ils nous ont explosé le budget de la soirée ! 700DH pour un misérable petit repas, ni bon ni beau, et une note faite quasiment à la va vite, une technique d’extraction des victimes de l’espace restauration pour pas qu’ils fassent fuir les autres … c’était ahurissant ! une attaque aussi imprévisible dès le premier jour nous a bien immunisée pour le reste du séjour. La ville nous est désormais baptisée : Arnakech.

Bahia, Majorelle, tata Leila…

Nous avions une journée pour profiter de la ville avant le grand départ vers la porte du désert. La journée a commencé avec un passage à la place Jamaa El Fna pour visiter son mythique souq ainsi que certains palais historiques à proximité.

Le palais Bahia fût un coup de coeur collectif. L’ayant déjà visité en novembre 2014, j’étais persuadée que le charme allait opérer. Ce fût le cas, et la visite nous a aéré l’esprit.

La prochaine étape était bien évidemment le Musée Berbère d’YSL ainsi que les jardins Majorelle. Le temps était clément durant notre séjour et la fraicheur du jardin était fort plaisante. Malheureusement, le temps nous était compté et nous ne pouvions pas visiter à la fois les jardins, le musée berbère ainsi que le tout récemment inauguré musée YSL. Nous avons choisi de faire uniquement les deux premiers, mais j’ai quand même pu avoir ma photo d’Instagrameuse 🙂

Je ne pouvais pas passer à Marrakech sans visiter ma tata Leila. Elle a été énormément présente et engagée durant mes années au Maroc et ce jusqu’à son mariage en 2016. Elle nous a accueilli avec beaucoup de tendresse, comme à son habitude, et ce moment famille m’a vraiment rechargé. J’en ai profité pour lui annoncer, avec émotion et presque la larme à l’oeil, ma grossesse.

De retour au riad Marrakchi, nous étions prêts pour l’excursion prévue pour le lendemain. Enfin, le désert ! Au réveil, Mohamed, chauffeur de l’agence Karim Sahara Prestige était là pour nous accompagner durant notre traversée de plus de 500km depuis Marrakech en direction de Zagora en passant par Ouarzazate et ses célebrissimes studios. Nous nous sommes arrêté à plusieurs reprises pour nous reposer et pour profiter des paysages qui s’offraient à nous. Mohamed nous a fait découvrir un charmant village berbère appelé Agdz où nous nous sommes posés le temps d’un déjeûner. Je peux vous garantir que les tajines berbères n’ont pas fait long feu !

Le coup de coeur de cette traversée fût la palmeraie du Dar’aa. Le temps s’est arrêté face à cet étendu de palmiers laissant place à une sensation de calme absolu…

Quelques heures nous séparaient de notre destination finale, les fameuses dunes de la porte du désert marocain ainsi que notre nuit dans le bivouac. Sur le chemin, Mohamed a souhaité jouer un tours « aux français » en leur faisant croire que la tente était très rustique, sans eau ni électricité, et qu’on allait devoir camper à l’ancienne. J’ai trouvé ça mignon, alors j’ai joué le jeu sans forcément être très crédible 🙂

Arrivés aux dunes, j’ai eu mon baptême de ballade sur le dos d’un dromadaire. Je ne vous cache pas ma crainte initiale (et si je tombais et que les dromadaires me marchaient tous dessus ? je ne m’y remettrais peut être jamais…) oui, j’exagère un peu, mais vous l’avez compris, je n’étais vraiment pas sereine, surtout avec mes quelques semaines de grossesse.  Au final, l’expérience fût très plaisante car j’ai découvert de nouvelles sensations accompagnées d’un agréable lâcher prise.

Et voilà…notre derstination finale de la journée nous a comblée ! La nuit dans le bivouac était exceptionnelle car le programme de la soirée ne nous été pas dévoilé encore. On a donc profité de l’instant présent, en compagnie d’un couple de new-yorkais très discret, et de quelques bédouins percussionnistes. What else ?

Le réveil marquait la fin d’une belle expérience d’union avec les éléments. Notre prochaine étape fût l’incroyable kasbah d’Ait Ben Haddou qui attire vers elle des visiteurs des quatre coins du monde. Une demi heure plus tard, nous étions en haut de celle-ci et profitions d’une vue sur l’ensemble du paysage alentour.

Cette visite était donc notre étape finale dans cette incroyable expérience. Bien évidemment, nous n’avions pas eu le temps de tout visiter, mais ce n’était pas le but non plus, la qualité des moments passés nous a largement suffit et nous nous préparions pour le voyage en direction de Salé où nous avions notre deuxième Riad du séjour au Maroc.

Situé dans la vieille médina de Salé, ce Riad ne payait pas de mine depuis la façade extérieur. La magie opéra dès les premiers pas à l’intérieur. Un Riad familial traditionnel qui est resté dans son jus. Le patio central était notre repaire de charme mais on appréciait également la terrasse aménagée avec vue sur tout Salé et Rabat avec sa tour Hassan et son mausolée Mohamed V.

Racistes, sabres et dents de la mer…

Nous avons pu profiter de la proximité de la marina ainsi que des Oudayas pour nous faire de belles petites ballades de jour comme de nuit. Ayant prévenu ma famille à Rabat de notre arrivée, ainsi que de la localisation de notre Riad, j’ai eu droit à une douche d’angoisses concernant le quartier, les malfrats de Salé et le danger qui nous guettait durant notre séjour.  Ma nature anxieuse a été piquée au vif, et je me suis retrouvée coincée dans cette émotion négative. Heureusement que personne ne me prenait au sérieux ! D’ailleurs, j’ai subit quelques moqueries quand je leur ai parlé de la fameuse tradition locale des hommes aux sabres qui agressaient les passants. Je n’aurais pas du car ils m’en parlent encore avec amusement ^^

Nous avons quand même eu droit à quelques remarques désagréables venant de quelques personnages collants que l’on a gentiment appelé « les dents de la mer », à la fois pour le côté requin qui attaque sans que l’on sente venir le coup, mais aussi car…ils avaient réellement des dents de requins. (l’instant méchanceté du jour, mais vous m’aimez quand même je le sais 🙂 ).

Le premier nous a suivi de la sortie du Riad jusqu’à ce que l’on monte dans le tramway direction Rabat. Il nous racontait un peu sa vie et faisait le guide local en nous parlant des portes de la ville. Il attendait bien évidemment un billet en guise de remerciement pour le service rendu, et mon mari n’a pas souhaité rentrer dans son jeu. Le visage aimable du monsieur a rapidement laissé place à un autre qui ne présageait rien de bon. Au moment où nous rentrions dans le tramway, il nous a suivi puis cria RACISTE en direction de mon mari.

Aux Oudayas nous attendait notre deuxième guide « dents de la mer ». Ce dernier a suivi le même programme que son prédecesseur, nous a raconté un peu sa vie, ses études, et nous a guidé tout au long de la kasbah en nous parlant de son histoire. J’avoue avoir appris plein de choses, mais par principe, je n’étais pas très chaude pour filer le billet, mon mari a souhaité le faire quand même, question que le bon’homme nous lâche la grappe.

Notre visite s’est poursuivie direction le Bouregreg pour nous oxygéner un peu. Le projet de la marina est gigantesque ! Il a réellement transformé la vallée pour le grand plaisir des locaux qui y affluent en quête de fraicheur.

J’avais en tête que l’on visite la grande cathédrale de Rabat, du moins de l’extérieur, avant d’aller au musée Mohamed VI d’art contemporain. Arrivés devant la cathédrale, un monsieur nous ouvre les portes avec enthousiasme pour nous laisser faire notre visite. J’étais plus que ravie car ce fût une vraie première fois pour moi dans ce lieu historique de la capitale des lumières 🙂 Direction le musée pour y voir une exposition hommage au célèbre peintre marocain Ahmed Cherkaoui.

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Pour marquer la fin de notre aventure marocaine, nous avions réservé une table au Dhow, un bateau restaurant amaré sur la rive du Bouregreg avec une jolie histoire que je vous laisse découvrir sur leur site. Le cadre était plutôt original et nous étions ravis de notre choix !

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Le lendemain marquait notre voyage retour vers Marseille. Ce fût une expérience enrichissante et un voyage dont on parle encore aujourd’ui avec beaucoup d’amusement et de nostalgie. Ce qui nous a le plus marqué durant ce séjour ? sans une once d’hésitation, la nuit dans le bivouac à Zagora 🙂

D’autres photos du voyage à découvrir en suivant le compte Instagram de ma « photographe professionnelle » (private joke 😉 )  – Un grand merci à elle d’avoir capturé ces moments de partage !

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